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La betterave fourragère dans l’alimentation des vaches laitières


Témoignage

Une logique de rentabilité et de qualité avec la betterave fourragère

Mr et Mme DECROOS
A quelques kilomètres de Péronne (80), dans une région de grandes cultures, le GAEC familial TARDIEU-DECROOS exploite 125 ha et possède un troupeau laitier de 60 vaches. C’est dans le but de privilégier la qualité du lait et la santé des vaches que la betterave fourragère a été intégrée à la ration quotidienne du troupeau. La moitié du cheptel laitier est de race Montbéliarde, choisie pour sa... Lire la suite

Témoignage

Des chevaux de selle et de trait nourris avec des betteraves fourragères

Témoignage Daniel BAHU
Eleveur de chevaux à Hodenc en Bray, en plein cœur de l'Oise normande, Daniel Bahu utilise depuis bien longtemps la betterave fourragère ; un régime alimentaire qui convient particulièrement bien à ses animaux. Son élevage se compose de COB normands, de chevaux de selles français et de quelques poneys, soit 16 à 18 chevaux en permanence.   Lire la suite
Johann Cariou - Expert Nutrition
Johann Cariou - Expert Nutrition
Johann Cariou - Expert Nutrition



Johann Cariou est Responsable Technique Nutrition et génisses et travaille depuis plus de 10 ans à BCEL Ouest.

Il suit les élevages laitiers de la zone BCEL Ouest (dep 22, 29, 56) qui, de plus en plus, utilisent la betterave fourragère.

Les niveaux de productions vont de 6500 kg/vache/an (en Normande) à 11 000 kg.

Il constate que tout ces systèmes profitent de l'introduction de la betterave fourragère dans les rations.

Il anime également des formations techniques pour les éleveurs et pour les conseillers d'élevages.

 

Avantages et Limites

La betterave fourragère est intéressante pour les vaches sur le plan des performances zootechniques ; les principales contraintes sont à rechercher dans la manipulation de celles-ci (cf. tableau 1).

 

Tableau 1 : Avantages et limites de la betterave dans les rations vaches laitières (BCEL Ouest, 2016)

AVANTAGES LIMITES
  • Diversifier la ration des vaches
  • Apport d’énergie sous forme de sucres et de cellulose digestible
  • Peu d'encombrement
  • Appétence
  • Santé animale
  • Contrainte de la distribution
  • Conservation à long terme
  • Ne pas espérer une économie sur la quantité d’autres fourrages distribués

 

 

 

 

  • L’apport de betteraves dans les rations des vaches laitières doit se faire de façon raisonnée. En effet les quantités distribuées doivent être fonction du type de ration proposée. Avec des rations à base de maïs ensilage il ne faut pas excéder 3 à 4 kg MS de betterave par vache et par jour. Pour des rations plus fibreuses à base de foin par exemple nous pouvons passer à 5 kg MS de betterave. Plus la quantité de betterave apportée sera importante plus la distribution en 2 repas sera conseillée (si plus de 3 kg MS faire l’apport en 2 repas ou alors en ration mélangée).

 

  • La betterave est une source d’énergie fermentescible. Son apport sur des maïs fraichement ensilés ou pas encore stabilisés permet une meilleure valorisation de la ration (apport de sucres solubles et apport de PDIME qui viennent compenser la moins bonne dégradabilité de l’amidon du maïs non fermenté. Sans apport de betterave un apport d’énergie fermentescible est souvent recommandé : exemple 1 à 1.5 kg de blé.

 

Pour le rationnement des règles sont à respecter

Vous trouverez ci-dessous (cf.tableau 2) deux exemples de rations, avec et sans betteraves.
L’apport de betteraves permet d’arrêter la distribution de maïs grain, ce qui influence le niveau d’amidon de la ration ; la ration est plus concentrée en énergie UFL du fait de l’apport énergétique de la betterave qui compense l’arrêt du maïs grain.
L’apport d’azote soluble (urée par exemple) est recommandé afin de valoriser au mieux l’énergie fermentescible de la betterave.

 

  Ration sans betterave (kg MS/Jour) Ration avec 3 kg MS betterave (kg MS/Jour)

Tableau 2 : Comparaison de deux rations vaches laitières, avec et sans betteraves (BCEL Ouest, 2016)

Maïs ensilage

Betterave

Paille

Soja

Maïs grain

Urée

CMV

Lithothamme

Sel

UFL (/kg MS)

MAT (%/kg MS)

CB (%/kg MS)

Amidon (%/kg MS)

MS de la ration (%)

Lait permis par la ration

18

0

0.5

3.4

2.2

0.08

0.30

0.08

0.05

0.95

15.7

17.1

29.2

39.9

31 kg

17.5

3

0.8

3.1

0

0.12

0.30

0.08

0.05

0.96

15.6

16.8

22.6

31.8

31 kg

 

Quelques points clés

il est essentiel de bien respecter l’équilibre Azote-Energie de la ration afin d’optimiser le fonctionnement du rumen et améliorer l’efficacité alimentaire !
  • La fibrosité de la ration doit être assurée par un apport de fibres grossières, en visant minimum 17% de cellulose brute/kg MS de ration (prévenir les déviations fermentaires). Par exemple, sur la base d’une ration Ensilage de maïs (17 kg MS) + betteraves (3 kg MS) + 4 kg de concentrés, on obtient un niveau de cellulose brute de 17 % avec 1 kg de paille contre 15.7% sans paille.

 

  • La teneur en MS du maïs ensilage (si ration à base de maïs) sera un facteur déterminant de la réussite : viser 32 à 35 % de MS pour l’ensilage de maïs afin d’exploiter au mieux la betterave (avec des maïs humides < 29% de MS, l’aspect mécanique de la ration diminue car le taux de MS global de la ration sera faible – objectif 40-42% de MS pour une ration complète). Ci-dessous, vous trouverez deux exemples pour illustrer ce point :


     
    • Avec un ensilage de maïs à 35 % de MS, la MS de la ration totale est de 34 % si distribution de 3kg de MS de betterave ;
    • Avec un ensilage de maïs à 29 % de MS, la MS de la ration totale est de 28 % si distribution de 3kg de MS de betterave.

 

En résumé, il est essentiel de bien respecter l’équilibre Azote-Energie de la ration afin d’optimiser le fonctionnement du rumen et améliorer l’efficacité alimentaire (voir graphique).

 

 

 

 

Des Gains et des Economies possibles

Les gains sur le coût alimentaire : économie possible de 200 kg de concentré de production par VL sur la période de distribution de la betterave (novembre à mars, soit 150 jours) soit entre 50 et 60 € d’économie par VL. Dans le tableau 3 ci-dessous, vous trouverez les coûts alimentaires pour les deux rations du tableau 2.
 

 

  Ration sans betterave Ration avec 3 kg MS de betterave
Tableau 3 : Exemple de coûts alimentaires pour deux rations vaches laitières, avec et sans betteraves (BCEL Ouest, 2016) : gain de 15 € les 1000 litres sur la période de distribution
Coût fourrager en €/1000 litres 31 36
Coût concentré en €/1000 litres 76 56
Coût alimentaire en €/1000 litres 107 92

 


 

Les gains espérés avec l’apport de 2,5-3 kg MS de betteraves sont :
 

  • 1 à 1,5 point de TP soit de 6,6 à 9,9 €/ 1000 litres* ;
  • 1 à 3 points de TB soit de 2,6 à 7,8 €/ 1000 litres* ;
  • En prenant une base moyenne la plus-value est en TP de 8,25 €/1000 litres et 5,2€/1000 litres en TB soit 13-14 €/1000 litres sur la période de distribution de la betterave*.

*Ces chiffres, qui sont des données moyennes, doivent être validés pour chaque situation, en prenant en compte notamment les niveaux de TB et TP avant distribution de la betterave.

 

 

En résumé

La betterave fourragère est un excellent fourrage de par ses valeurs nutritionnelles mais aussi pour son intérêt économique (moins de concentrés), ses effets positifs sur la santé animale (qui restent plus difficilement chiffrables) et les gains sur les taux.

Par contre, pour optimiser ce fourrage, il est primordial de bien caler les rations afin d’éviter tout disfonctionnement du rumen.

Les éleveurs et surtout les vaches qui l’essayent l’adoptent définitivement.

La betterave fourragère pour mon élevage

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