Sommaire :
Travail du sol
Gestion de l'azote
Fertilisation phophatée et potassique
 
Sommaire Technique
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Autres chapitres du Guide :
  Protection de la culture
  Intercultures et conservation
 
 
Travail du sol
   Maîtriser l'implantation de la culture en préservant le milieu
   
Base des préconisations

Le travail du sol est l’opération fondamentale qui détermine largement l’implantation de la culture, c’est-à-dire le développement et la prospection racinaire et donc sa faculté à exploiter les réserves du sol en eau et éléments nutritifs. Le bon fonctionnement du système racinaire permet une croissance rapide de la plante qui se manifeste par une couverture du sol précoce et une interception de l’énergie lumineuse efficace.

La culture de la betterave est très sensible aux accidents de structure, particulièrement au stade jeune. Tout dégât affectant la surface ou les couches sous-jacentes : croûte de battance, ornière, compaction, semelles de labour ou de préparation, zone lacunaire, est ainsi susceptible de diminuer le peuplement et/ou d’affecter sensiblement le fonctionnement racinaire de la culture.

Culture de printemps semée en ligne, la betterave se caractérise par un écartement entre rangs de 45 à 55 cm selon les régions. La surface du sol est exposée en début de croissance aux agents climatiques. Un développement ralenti de la culture retarde la couverture complète du sol et accroît les risques de ruissellement et d’érosion dans les parcelles en pente.
  Le réaménagement de la structure des couches supérieures du sol s’il doit créer les conditions propices à la germination puis à la levée dont dépend l’occupation spatiale de la parcelle doit aussi préserver le sol et sa fertilité en limitant le volume de sol compacté soustrait à la prospection racinaire et en réduisant les risques d’érosion et de ruissellement.

En complément, l’entretien des niveaux calcique et organique des sols contribue au maintien de leur résistance aux dégradations structurales.


Pratiques conseillées



Maintenir le bon état et l’équilibre physico-chimique des sols - par des amendements calciques - par des restitutions ou des amendements organiques effectués régulièrement.
Adapter l’itinéraire et le réglage des matériels aux conditions de l’année.
Attendre le ressuyage avant de travailler le sol, limiter le nombre de passages de roues et la pression au sol, pour constituer un lit de germination favorable et ne pas créer de zones compactées mal prospectées par les racines et propices au déclenchement et à la concentration du ruissellement.
Prendre en compte le travail du sol réalisé par le semoir dans le processus général de constitution du lit de semences.
Laisser subsister en surface des petites mottes (diamètre inférieur à 3 cm) afin de ralentir la formation de croûtes de battance (limon, limon sableux) et la prise en masse (limons calcaires) et pour favoriser l’infiltration dans les sols sensibles.
Labourer, préparer et semer perpendiculairement à la pente pour réduire le ruissellement et lutter contre l’érosion dans les parcelles en pente quand leur configuration s’y prête.
Travailler le sol en interangs, après le semis, au moyen de binages effectués avec des outils à dents, pour limiter le ruissellement.
Adapter la période de travail au type de sol, automne pour les textures argileuses, printemps pour les textures sableuses et limoneuses, plus fragiles.

Pratiques déconseillées



Cultiver la betterave dans des parcelles dont la pente favorise l’érosion et ne permet pas le fonctionnement satisfaisant des matériels.
Augmenter la profondeur des labours au-delà de 30 cm.
Chercher un affinement poussé du lit de germination.
Avoir une technique de préparation standard.
Démarrer les préparations du lit de germination sans prendre en compte l’état initial du sol et en particulier intervenir quand le sol est encore trop humide.

 
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Gestion de l'azote
   Fertilisation raisonnée
   
Base des préconisations

La culture de la betterave occupe le sol durant 6 à 8 mois, de mars à novembre. Elle peut donc bénéficier de la quasi-totalité de l’azote fourni par la minéralisation printanière et estivale des matières organiques et des résidus végétaux présents dans le sol ainsi que de l’azote disponible provenant des effluents d’élevage et des amendements organiques. Ses besoins sont modérés. Ils ne dépassent qu’exceptionnellement 250 kg/ha d’azote mais sont intenses de juin à août. Un déficit à cette période peut avoir des répercussions très importantes sur la production de matières sèches.
La quantité d’azote à apporter est à ajuster selon la méthode du bilan.

Dans les situations où la disponibilité en azote est supérieure aux besoins, l’excédent est absorbé causant un développement végétatif abondant.
L’absorption très efficace de l’azote par la culture limite les reliquats d’azote minéral

  du sol à la récolte à des valeurs très souvent inférieures à 30 kg/ha, ce qui réduit les risques de lessivage précoce des nitrates. Cette capacité à piéger l’azote, rend particulièrement intéressante l’introduction de la betterave fourragère dans les rotations herbagères notamment derrière un retournement de prairie. Elle est en effet capable d’absorber un peu plus de 300 kg d’azote par hectare jusqu’à la mi-novembre, et ne restitue par le biais de la décomposition des feuilles enfouies après récolte que 20 à 35 kg d’azote.
Les apports d’azote en végétation étant très irrégulièrement valorisés le fractionnement des apports n’est pas adaptée à cette culture.

Au titre de la directive “Nitrates”, depuis 1993, le Code de Bonnes Pratiques Agricoles indique au niveau national les principaux axes d’une gestion adaptée de la fertilisation azotée pour réduire les risques de pollution des nappes et eaux libres par les nitrates. Il est d’application volontaire.
Les recommandations présentées ici s’inscrivent également dans une démarche volontaire de mise en œuvre de bonnes pratiques spécifiques à la betterave fourragère.
Dans les Zones Vulnérables, des programmes d’action départementaux fixent des obligations en terme de calcul de doses et de dates d’épandage des fertilisants azotés.

Pratiques conseillées



Appliquer la dose d’azote calculée en réalisant un bilan à la parcelle
- soit sur la base de la mesure de l’azote minéral du sol (0-90 cm) en sortie d’hiver.
- soit en se reportant aux valeurs préconisées par les réseaux régionaux de conseil.
S’assurer de la teneur en éléments minéraux des fertilisants organiques, de leur conformité à la réglementation et de leur contribution à la fertilisation azotée de la culture.
En zone vulnérable, se conformer au programme d’action notamment pour les périodes d’interdiction d’épandage.
Enfouir les feuilles dans les 10 jours qui suivent la récolte.

Pratiques déconseillées



Oublier des termes du bilan prévisionnel et en particulier les fournitures issues du sol, des amendements et engrais organiques et des effluents d’élevage.
Majorer ou minorer sans raison objective la dose calculée issue du bilan prévisionnel.
Apporter de l’azote en végétation.

 
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Fertilisation phosphatée et potassique
   Des apports ajustés aux besoins
   
Base des préconisations

Dans les conditions de culture de la betterave, le transfert direct de phosphore aux ressources en eaux souterraines sous forme soluble est très peu probable. Par contre, il peut survenir localement, pour les eaux de surfaces, par entraînement de particules terreuses lors d’événements érosifs. Il convient donc de limiter les conditions propices à l’érosion et de ne pas augmenter au-delà du raisonnable la richesse des sols.   Les nouveaux modes de calcul de la fertilisation phosphatée et potassique limite les fertilisations trop importantes et les teneurs excessives dans les sols et réduit le risque de transfert aux eaux de surface qui peut contribuer au phénomène d’eutrophisation.

Pratiques conseillées



Effectuer régulièrement une analyse chimique du sol pour déterminer les teneurs des principaux éléments (P, K, Mg, B, …).
Etablir la dose de phosphore et de potasse à apporter en comptabilisant la contribution spécifique des fertilisants organiques et les restitutions de la culture précédente.
S’assurer de la teneur en éléments minéraux des fertilisants organiques, de leur conformité à la réglementation et de leur contribution à la fertilisation phosphatée et potassique de la culture.
Assurer la régularité de l’épandage, incorporer le fertilisant au sol.

Pratiques déconseillées



Réaliser une fertilisation de routine sans référence aux analyses de sol ni aux exigences de la plante.