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La betterave fourragère,
une culture fourragère
à ne pas oublier dans les zones d'élevage
En zone d'élevage, la culture de la betterave fourragère présente
l'intérêt de capter plus de 300 kg d'azote par hectare, notamment
derrière le retournement de prairie, là où un maïs n'en capte que
170 à 200 kg. De plus , elle valorise très bien les engrais de ferme
et l'azote organique du sol. Pourtant ce fourrage est totalement ignoré
des mesures agri-environnementales et subit une concurrence économique
de la part du maïs fourrage dont la culture bénéficie d'une prime.
Depuis 1992 nous avons ainsi assisté à une baisse importante des surfaces
en betterave fourragère notamment en Bretagne, les éleveurs arrêtant
ou hésitant à se lancer dans la culture d'un fourrage annuel autre
que le maïs compte tenu de l'aide attribué à cette culture. Pourtant
la betterave fourragère intéresse les éleveurs pour des raisons de
niveau et de sécurité de rendement, de qualité alimentaire , de qualité
des produits animaux obtenus et de complémentarité avec l'herbe dans
les systèmes fourragers. Depuis 2 à 3 ans les agriculteurs Bio sont
pour ces raisons très demandeurs de ce fourrage.
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Une culture fourragère qui s'intègre bien dans les systèmes
à base d'herbe |
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Une culture qui piège efficacement les nitrates derrière
un retournement de prairie

Des essais récents menés dans les Côtes-d'Armor par l'INRA et
le CEDAPA, dans le cadre du programme " Terre et eau " montrent
clairement que la betterave fourragère permet de réduire notablement
les pertes de nitrates en rotations herbagères.
Dans ces systèmes, le retournement de prairies entraîne, en
effet, des risques élevés de fuites de nitrates : des minéralisations
de 455 kg N/ha ont été mesurées derrière prairies retournées
entre le mois d'avril 1997 (date de retournement) et février
1998.
L'implantation de cultures de betteraves fourragères juste après
le retournement permet d'absorber une quantité importante d'azote,
soit plus de 300 kg N/ha dans les feuilles et racines, alors
que dans les mêmes conditions une culture de maïs absorbe 170
à 200 kg N/ha.
Dans cette même expérimentation, la minéralisation des résidus
de récolte de la betterave fourragère (collets et feuilles)
a été évaluée après enfouissement. Les résidus ne libèrent que
24 à 41 kg de N/ha selon le climat et le type de sol rencontré
pour 130 kg de N/ha fixés dans les feuilles et collets.
Au final, les quantités d'azote laissées dans une rotation herbagère
intégrant la betterave fourragère sont très faibles et de 2,2
à 2,5 fois plus faible que dans des rotation intégrant du blé
ou du maïs. (cf. figure ci-dessous et annexe 3).

Représentation de la distribution des quantités cumulées
d'azote lessivées au cours des deux années de culture.
(Morvan et Alard, 1999).
En matière de pesticides, la betterave nécessite essentiellement
des applications d'herbicides, les applications d'insecticides
et de fongicides étant plus rares. Le bon contrôle des adventices
nécessite un nombre d'application élevée, cependant les doses
de matières actives utilisées sont faibles (Cf annexe 4). D'autre
part, les techniques de désherbage préconisées par les instituts
sont basées sur l'utilisation de doses de produits très inférieures
aux doses d'homologation.
Des solutions alternatives existent aussi, comme pour le maïs,
qu'il s'agisse du désherbage mécanique (binage par exemple)
ou du désherbage thermique. Cette dernière technique est cependant
très pénalisante pour le rendement.
Une production fourragère qui sécurise et complète les systèmes
fourragers à base d'herbe de l'Ouest et du Nord de la France.

Les exploitants possédant ou s'orientant vers des systèmes à
base d'herbe ou avec plus d'herbe, cherchent souvent à sécuriser
leur système fourrager plus sensible aux aléas climatiques au
moins dans les phases de transitions. Un fourrage comme la betterave
fourragère a plusieurs intérêt dans ce contexte. Tout d'abord,
pour les exploitations souhaitant donner plus de place à l'herbe,
l'introduction de betterave, compte tenu de sa productivité
importante (de 20 à 40% d'UFL de plus à l'hectare par rapport
à un maïs selon les régions de l'Ouest et du Nord de la France
), permet de libérer des surfaces en culture annuelle pour implanter
des prairies.
Ensuite, ce fourrage permet de sécuriser les systèmes fourragers
grâce à la régularité de ces rendements et de sa qualité, la
betterave fourragère n'ayant pas ,comme les plantes à cycle
annuelle, un stade de maturité au delà duquel la qualité décroît
fortement.
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Un fourrage qui peut s'inscrire dans des démarches de qualité |
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Un aliment qui favorise les taux protéique et butyrique du
lait

De nombreuses études montrent que la consommation de betteraves
(5 à 6 kg de MS par vache et par jour) permet une augmentation
des taux protéique et butyrique du lait (de 1 à 3 point). Si
cet effet est assez faible avec des rations à base d'ensilage
de maïs , il est net (autour de 2 point) avec des rations à
base d'herbe donnant normalement des taux faibles (foins , ensilage).
Ces laits riches sont particulièrement intéressant en fromagerie
et notamment là ou le maïs ne peut être utilisé.
Un fourrage sain

La production de produit de qualité et notamment de fromage
nécessite une alimentation évitant l'apport de spores butyriques.
La conservation des betteraves fourragères se fait sans fermentation
et ne développe pas de spores butyriques comme peuvent le faire
des ensilages d'herbe ou de maïs. Des essais montrent que la
betterave fourragère est aussi peu contaminatrice que du foin
(cf annexe 5).
La betterave fourragère est une culture fourragère apportant
des solutions à des préoccupations des éleveurs (sécurité du
système fourrager, valorisation et pérennisation de système
avec plus d'herbe, piégeage d'azote, valorisation des effluents
d'élevage, qualité des produits).
Compte tenu de l'évolution des différentes modalités des aides
liées à la PAC, il paraît important de donner la possibilité
aux éleveurs qui s'engage dans une démarche de développement
durable de cultiver la betterave fourragère dans des conditions
économiquement plus intéressantes qu'actuellement.
Les aides aux éleveurs pourraient prendre des formes différentes
:
- financement de matériel de semis ou de récolte spécifiques
au travers de Cuma par exemple pour accompagner, initier ou
pérenniser une dynamique locale.
- aide à l'hectare sous réserve du respect des bonnes pratiques
agricoles et de l'augmentation conséquente des surfaces en herbe
(niveau à définir localement selon les références techniques).
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